On découvre le cabinet du livre d’artiste de Rennes 2 avec Aurélie Noury.


Alors moi je m’appelle Aurélie Noury, je suis responsable du cabinet du livre d’artiste à l’université Rennes 2.

Qu’est-ce que le cabinet du livre d’artiste ?

Donc le cabinet du livre d’artiste c’est d’abord une bibliothèque, une bibliothèque de publication d’artiste au sens large. Ça peut être à la fois des livres, des revues, des multiples, des disques.

C’est un assez petit fond puisqu’il y a 4000 titres, ça permet de garder une vision globale du fond. Ce sont des livres qui sont tous empruntables et consultables par tout le monde.

C’est aussi un lieu d’exposition qui est vraiment associé à la bibliothèque et les expositions qu’on organise sont toujours liées à l’art imprimé. Ça va être des expositions monographiques ou thématiques sur soit des publications d’artistes soit des posters, des cartons d’invitation, des tracts, tout ce qui va être imprimé en fait peut être une thématique d’une exposition ici.

L’origine du cabinet

Tout a commencé par une maison d’édition qui est une association qui existe toujours qui s’appelle “incertain sens”. Elle a été créée en 2000 ça fait 20 ans.

Le fondateur c’est Leszek Brogowski qui est professeur d’esthétique en arts plastiques à Rennes 2. Il est aujourd’hui vice-président de l’université d’ailleurs. Il a tout de suite eu le projet lui, de monter un lieu dédié au phénomène livre d’artiste. Donc 6-7 ans après, en 2007, le projet de cabinet du livre d’artiste a été inscrit au projet d’établissement de Rennes 2 pour avoir un lieu dévolu à la fois à la lecture et à l’exposition.

Comment ça a débuté ?

Ça a d’abord été installé à la BU, il y avait un rayonnage, en tout cas un espace au 1er étage pour le cabinet du livre d’artiste. Mais ce n’est pas resté très longtemps parce que ce n’est pas évident au sein de la bibliothèque d’avoir une autre bibliothèque spécialisée. C’était un peu compliqué. Donc ensuite on a été pendant 2 ans au lycée Victor et Hélène Basch qui n’est pas très loin de la fac.

On a vraiment mené là des expérimentations avec les lycéens pour le coup. Et ensuite on est revenu ici donc à la fac en 2009 je crois. On était d’abord à côté dans le local à côté qui est aujourd’hui la crêperie qui à l’époque était une banque.

Alors quand on a monté le lieu, l’idée c’était de constituer une espèce de petit cabinet de lecture. Un peu comme au 18ème siècle ce qu’on pouvait trouver en Grande-Bretagne et en France qui était plutôt des petites bibliothèques de quartier très spécialisées. Par exemple il y avait des cabinets de lecture en médecine, en droit. L’idée c’était de faire un petit cabinet de lecture spécialisé dans les publications d’artistes.

Ce qu’on voulait absolument c’est ne pas être dans un endroit spécialisé. Ça nous intéressait vraiment d’être dans un endroit non dévolu aux arts plastiques. Le bâtiment Ereve à rennes 2 c’est parfait parce que c’est vraiment le bâtiment du bistrot, de la cantine, des assos étudiantes.

A qui cela s’adresse ?

On draine vraiment un public qui n’est pas un public de spécialiste. Les publications d’artistes, à notre avis permettent vraiment un accès à l’art contemporain complètement décomplexifié et décomplexé.

C’est beaucoup plus simple de manipuler un livre pour les gens que de rentrer dans un musée. En tout cas, c’est beaucoup moins impressionnant qu’une sculpture ou qu’une peinture fin… tout le monde à un livre à la maison. C’est quelque chose qu’on peut manipuler donc c’est un accès beaucoup plus facile.

Donc voilà le projet c’est vraiment axé sur cette notion de diffusion, de manipulation et de lecture de l’art. Pour nous le livre d’artiste est une façon d’accéder à l’art contemporain assez facilité.

Comment faites-vous vos acquisitions ?

Nous, le fond, on est parti avec rien en fait avec juste les livres des éditions incertain sens. À l’époque, je sais pas, il y en avait une trentaine et on a utilisé nos publications comme monnaie d’échange. C’est-à-dire que, comme on n’a pas de budget d’acquisition, on est vraiment un petit lieu, une petite structure, on échange avec les autres éditeurs, d’autres institutions et les artistes leurs publications avec les nôtres. C’est pour nous un bon moyen d’alimenter le fond.

C’est ce que font énormément de structures, tous les fonds régionaux d’art contemporain. Il y a une espèce d’office qui se met en place ou on échange nos publications, donc ça a commencé comme ça. De temps en temps, on peut acheter mais quand même pas souvent. De plus en plus les artistes nous déposent, nous envoient leurs publications donc on reçoit énormément de livres.

Souvent à la suite d’une exposition les artistes nous laissent leurs publications. On récolte à chaque exposition beaucoup de livres comme ça et on reçoit spontanément des choses. Donc soit on demande et on échange, soit on reçoit spontanément soit c’est à la suite d’une exposition.

Quels sont vos champs d’activités ?

Alors on a 3 champs d’activités aux éditions incertain sens.

La première la plus importante ce sont les publications d’artistes qu’on voit derrière moi. On en a fait à peu près 70, donc les livres d’artiste dans la pure tradition.

On a ensuite la collection grise, tous les volumes ne sont pas. Il y en a 6 qui est vraiment une collection théorique sur les publications d’artistes de recherche, ça peut être des textes de doctorat, des entretiens, des monographies, des catalogues raisonnés autour des publications d’artistes. C’est la seule collection en France et dans le monde d’ailleurs dédiée aux publications d’artistes. Il existe des revues spécialisées mais pas des collections de livres.

Et la 3ème chose, c’est les journaux donc on est au numéro 54 aujourd’hui, à chaque expo son numéro.

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